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J'étais à la première conférence du Devfest Lyon !
Bonjour à toutes et à tous !
Je suis allé à la 1ère édition du Devfest Lyon, une conférence tech, et c’était superbe !
Cela devient une tradition sur ce blog, je vous propose de faire un récapitulatif de la journée, échanger sur ce que j’ai appris, faire des retours, déclencher des discussions… Si vous me lisez régulièrement ; et merci beaucoup pour cela ; vous avez l’habitude, et pour les plus nouvelles et nouveaux, accrochez vous : on me dit souvent qu’on se retrouve avec 15 nouveaux onglets ouverts après une lecture.
Des petits disclaimers de transparence avant de commencer : je connais plutôt bien les 3/5 des organisateur·ices du Devfest Lyon, et l’entreprise dans laquelle je travaille, Exotec, a totalement pris en charge mon billet. Maintenant que c’est écrit, commençons l’article.
Encore une conférence tech ?
Qu’est-ce que le Devfest Lyon ? Pour citer leur propre site web, c’est la “conférence technique destinée à la communauté tech une fois par an dans la ville des lumières” 🦁. Si vous connaissez la version nantaise ou anciennement lilloise, vous connaissez la formule.
Des speakers se proposent pour donner des présentations à un public diversifié et varié sur des retours d’expérience, des technologies obscures, des pratiques logicielles.
Alors oui, à Lyon on est gâtés en conférence, surtout cette année : le MixIT1, le Lyon Craft, le Tech & Wine, le LyonJS 1002, la PyconFR 2025… Ça peut faire beaucoup, mais tant que ces événements rencontrent 100% d’affluence je vois pas pourquoi on en ferait moins : au contraire, il y a peut-être du potentiel pour créer une ou deux conférences encore.
Assez bavardé, déroulons cette journée !
Une keynote sur la data science dans le sport de très haut niveau
Joseph Mestrallet a ouvert la conférence avec une présentation d’un domaine qui m’était peu familier : la data science dans le domaine du sport. Pourquoi faire ? Est-ce possible ?
Concrètement, le sport de très haut niveau est arrivé à ses limites. Par exemple, le marathon en moins de 2h est probablement la dernière frontière franchissable de l’humanité pour cette course de 42km. Mais comme les enjeux sont monstrueux, comment gagner les petits pas qui couronnent les champions ? C’est là que la data science intervient.
Joseph échange dans sa keynote un mélange d’anecdotes et de résultats obtenus grâce à son approche, et rappelle la nécessité d’être sur le terrain, de mesurer la performance des athlètes sur le terrain, des gains qu’il a pu obtenir chez ses athlètes, et sur la nécessité de gagner la confiance du milieu. J’aime tout cela !
La présentation était accessible à toutes et à tous, et j’aurais aimé en apprendre un peu plus, notamment sur les digital twins (les copies numériques des athlètes pour simuler leur entrainement)… Une prochaine fois peut-être…
Merci pour cette keynote !
L’api View Transition pour faire des animations web
Si vous vous êtes un peu baladé·es sur mon blog, vous avez sûrement remarqué qu’il y a des animations, notamment quand vous cliquez sur un lien interne ! (sauf si vous utilisez Firefox ce qui est une bonne chose3) C’est grâce à ce talk !
Théo nous montre, avec du code en temps réel, comment nos navigateurs ont intégré de façon native le concept d’animations de transition auxquelles nous sommes très habitué·es sur mobile. Jusqu’à présent, cela a été difficile de faire des animations sur des changements d’URLs. Maintenant, le navigateur peut s’en occuper de façon native, ce qui veut dire qu’il n’y a pas besoin de mettre (trop) de JavaScript pour faire une jolie animation.
Je dois vous faire une confession : d’habitude, je n’aime pas les talks qui ont purement un but de présenter une API, un framework, ou une techno. Mais Théo m’a fait changer d’avis : après sa présentation, tout était clair. J’ai l’impression en 15 minutes d’avoir compris quelque chose qui m’aurait pris quelques heures de lecture et de tests. Un vrai banger ! Merci !
Jouons à Factorio
Est-ce que vous connaissez Factorio ? C’est un jeu vidéo qui permet de créer des usines pour fabriquer une fusée pour s’échapper d’une planète. J’y ai déjà passé 23h de jeu il y a quelques années et je me suis promis de ne plus y toucher car j’ai senti une très forte addiction s’installer. (pour vous dire, j’ai réalisé ces 23h de jeu en un seul weekend).
Pourquoi Julien Wittouck nous parle de ce jeu ? Car la façon de construire les usines de ce jeu dresse des parallèles avec la pratique du développement logiciel.
D’un coup de maître, Julien nous présente le jeu, et petit à petit on réalise que le monde qu’il a créé est l’intégralité de sa slide. Il nous présente le code spaghetti, pourquoi c’est un problème, les principes d’architecture et d’urbanisation, et tout cela paraît plus clair, plus matériel.
Cela correspond à mon expérience personnelle de Factorio : au début, on se sent très malin car on a fait une usine super optimale aux oignons, et avec l’usine qui s’agrandit, on regrette de plus en plus nos choix qui ne sont bien évidemment pas documentés et on supprime tout pour repartir sur de bonnes bases. Typiquement, c’est la seule sauvegarde de ma dernière partie que j’ai pu trouver :

Ce parallèle de se sentir malin au début et regretter nos choix plus tard se retrouve dans l’informatique. Personnellement, je ne me suis intéressé au crafts qu’à partir du moment où je me suis senti acculé par la dette de code qui s’est accumulée par mes milliers de micro-décisions accumulées sur des années de développement…
Ce talk m’a redonné envie de jouer. À l’époque, le jeu était un petit peu austère, mais il semblerait qu’il ait vraiment bien glowup depuis. Si jamais vous ne me voyez pas pendant plusieurs mois, c’est parce que je joue à Factorio ! Merci Julien !
D’ailleurs, ajoutez-moi sur Steam si vous jouez : https://steamcommunity.com/profiles/76561198025139005/
Peut-être une inspiration ?
Ce talk me rappelle une vieille idée que j’avais. Mon addiction, c’était Kerbal Space Program. C’est un simulateur de programme spatial qui permet de fabriquer et contrôler des fusées, et on peut même (avec quelques modifications) coder nos propres fusées, pour aller explorer le système solaire, se poser sur la Lune, visiter Jupiter…
J’ai même obtenu un stage au CNES pour faire de la modélisation de missions spatiales avec ce jeu vidéo. Mon CV était cette vidéo youtube: https://www.youtube.com/watch?v=6bKUvv5RTsM
Comme je suis fasciné par les moyens pédagogiques d’apprentissage, je réfléchis à comment utiliser ce jeu pour quelque chose d’applicable dans la tech. Je pense que oui, mais ça reste encore fortement ineffable ou inconscient… À suivre… 🙈
Une petite pause pour parler de l’organisation
Je n’ai pas pu voir le plus de conférences que je ne le souhaitais ce jour là : j’étais un peu malade, un peu fatigué, donc j’ai dû être stratégique sur les conférences que j’ai pu voir. D’autant plus que j’étais présent à la fois pour voir des conférences mais aussi pour faire connaître Exotec à la communauté lyonnaise. C’est vraiment sympa de voir des gens s’intéresser à ce que l’on fait (et dire maladroitement “vous n’êtes pas une ESN !”).
Je profite de ce point pour citer tout ce qui allait très bien durant la conférence : la nourriture était superbe (j’ai vu l’énergie incroyable qu’ils ont mis pour proposer une offre végane), je me sentais en sécurité à la conférence, les temps de pause étaient bien, les indications claires, le lieu sympathique, le stand d’Exotec était bien placé, la photographe Eva Dalla Costa fait un superbe travail… Et je pense à la ruse qui permet au badges de faire office de planning ? 🤯

Trèves de bavardages, continuons avec la présentation du sérénissime Julien Sulpis.
La révolution WebGPU !
Aujourd’hui, Julien nous présente comment fonctionne un rendu GPU sur votre navigateur. Mais qu’est-ce donc ?
Pour faire simple, le GPU est la partie spécialisée en affichage graphique de votre ordinateur. Par exemple, les animations subtiles que vous pouvez voir sur mon site web sont prises en charge par votre GPU. (sauf sur Safari… je crois)
Il se trouve qu’un GPU est aussi très doué pour faire certains types de calculs très spécifiques : affichage 3D, traitement d’image, calculs parallèles, reconnaissance de texte, LLMs… Comment et pourquoi s’en servir dans le navigateur ?
C’est ce que Julien présente durant tout le talk, avec l’histoire d’un petit poisson qui a besoin d’apprendre à socialiser. Je ne vais pas refaire le talk, allez voir la diffusion. Cela rejoint un peu mon point sur la présentation des view transition : d’habitude, je n’aime pas les présentations très techniques, mais celle là me donne des outils qui vont très certainement me servir dans incessamment sous peu.
Pour faire simple, la nouvelle API WebGPU est bien mieux pensée pour la programmation moderne, pour les machines modernes. J’ai notamment appris que c’est une sorte de couche d’abstraction qui permet d’utiliser toute la puissance de nos ordinateurs à bas niveau (Vulkan, DX12, Metal) . Est-ce que le monde ne part pas sur le web comme standard pour toutes APIs ? Je me le demande suite à ce talk…
Pour citer une de mes collègues, “maintenant je comprends ce que font [ceux] qui font de la 3D à Exotec” (car on fait de la 3D à Exotec, peut-être qu’on devrait en parler un jour). Je partage ce sentiment. Bravo et merci encore Julien !
Les spéléologues de Linux
Le dernier talk auquel j’ai pu assister était donné par Florian Forestier qui parle de comment, un jour, il a rencontré un bug sur des serveurs qui avaient coûté cher : des cartes réseau qui ne fonctionnaient pas du tout… D’où cela pouvait venir ?
Florian explique comment, avec 2 autres personnes, sans connaissance experte de Linux, ils ont pu trouver la cause du bug, proposer un correctif, et voir ce correctif mis à jour et rendu accessible au monde entier (et Linux n’est pas sur Github ! je vous laisse trouver comment on corrige Linux). Je trouve ça super stylé d’être un contributeur du kernel Linux, donc bravo bravo, milles mercis.
Cette présentation était une masterclass de comment n’importe qui peut contribuer à du logiciel libre, et vous savez que je suis très enthousiaste des logiciels libres. Merci encore !
Ce talk m’a beaucoup parlé car j’ai vécu une histoire un peu similaire sur le framework Nuxt : j’ai rencontré un bug un peu chelou et spécifique. Quelqu’un avait identifié d’où venait le problème et avait des idées de correction, il manquait juste une personne pour l’implémenter proprement et je me suis motivé dans cette jolie petite Pull Request sur Github.
Pfiou ! Quelle belle journée. En fin de conférence, Zenika organisait un moment de Meet & Greet : une tireuse à bière, des petits jeux, de quoi grignoter et discuter sur place pour debriefer de ce que l’on a appris.
J’ai vraiment aimé cette conférence, je l’ai trouvée très pertinente. Quelque part, le fait de n’avoir “que” 2 sujets en parallèle crée moins de piège de la décision et de FOMO.
Devfest Lyon, on se dit à l’an prochain. J’espère que cette lecture vous a plût, et on se dit à très bientôt… Salut !
Footnotes
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Dont j’ai fait deux articles pour cette année ! Commencez par ici si vous voulez mon article sur l’édition 2025 du MixIT ↩
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Dont j’ai aussi fait un article de blog ! ↩
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C’est une bonne chose car Firefox est opensource, et mon précédent article parle de comment les logiciels libres changent ma vie, donc forcément j’encourage à utiliser firefox ! ↩